La mémoire vive (dites RAM) en détails :
L'EDO (Extended Data Output) :
La mémoire EDO (Extended Data Output = mode hyper page) succède à la FPM au milieu des années 1990. De 10 à 30% plus performante, elle se caractérise par des temps d'accès réduits (50 à 60 ns), reprend bien entendu le mode page rapide de la FPM, mais se distingue surtout par sa capacité à transférer de nouveaux blocs-mémoires vers le processeur sans devoir attendre la fin des transferts précédents. L'EDO permet également au processeur d'accéder aux données durant les phases de rafraîchissement de la mémoire, ce qui était impossible avec les DRAM antérieures. Grâce à ces améliorations, l'EDO est capable de travailler selon une séquence 5-2-2-2. Cette mémoire s'est largement répandue sous forme de barrettes SIMM 72 broches 32 bits (plus rarement sous forme de barrettes DIMM) mais a fini par disparaître au profit de la SDRAM.
La mémoire BEDO (Burst Extended Data Output) :
La mémoire BEDO est une variante de l'EDO qui permet la transmission ou la lecture des bits de données dans la mémoire en mode rafale (burst), c'est à dire par blocs en flux ininterrompu le long du bus mémoire. La technologie burst repose sur le principe qu'il y a de fortes présomptions que les adresses dont aura besoin le processeur après avoir accédé à la première donnée en mémoire seront celles tout juste adjacentes, ce qui est souvent le cas. La mémoire BEDO délivre donc la première adresse en cinq cycles d'horloge et enchaîne les trois suivantes en un seul cycle seulement (soit une séquence 5-1-1-1).
La mémoire BEDO se présente sous la forme de barrettes DIMM conventionnelles (tension 3,3V, temps d'accès 60 ns). Son incapacité à supporter des fréquences supérieures à 66 MHz a constitué le principal handicap de cette mémoire pourtant très rapide, et explique le fait qu'elle n'a pas véritablement recueilli les faveurs de l'industrie.
La SDRAM (Synchronous DRAM) :
La SDRAM (Synchronous DRAM = mémoire dynamique synchrone) est une forme de mémoire apparue peu de temps après l'EDO. La particularité de la SDRAM est d'être synchronisée sur la fréquence d'horloge de la carte mère (d'où son nom), ce qui n'était pas le cas avec les mémoires précédentes. Avec de la mémoire asynchrone, comme la FPM ou l'EDO, le système imposait obligatoirement des délais d'attente (wait states) au processeur, afin de synchroniser les échanges avec l'horloge propre de la mémoire. L'avantage de la SDRAM est d'éliminer ces temps de latence puisque mémoire et processeur fonctionnent au même tempo. Autre intérêt de la SDRAM : elle peut supporter des fréquences élevées, ce qui correspond parfaitement aux besoins liés à l'apparition de systèmes évoluant sur un bus de données cadencé à 100 MHz et plus (Intel Pentium II, AMD K6-2, etc.). Pour des configurations tournant à 66 MHz, la SDRAM n'apporte en revanche qu'un gain minime de l'ordre de 5% par rapport à l'EDO.
La SDRAM est aussi véloce que la mémoire BEDO et travaille selon une séquence de cycles 5-1-1-1. Puisque ses temps d'accès sont intimement liés à la fréquence de fonctionnement de la carte mère, ses performances ne sont plus exprimées en nanosecondes mais en mégahertz (MHz) : on parle ainsi de SDRAM PC66, PC100 ou PC133 pour désigner des mémoires capables de fonctionner à des fréquences respectives de 66, 100 ou 133 MHz. La SDRAM n'existe qu'au format DIMM 168 broches 64 bits.
DRDRAM (Direct Rambus DRAM) :
Au cours de l'année 2000, la société californienne Rambus Inc. a proposé une nouvelle technologie de mémoire vive pour les PC. Jusque là intégrée sur certains produits tels que des stations de travail haut de gamme (Silicon Graphics), des consoles de jeu (Nintendo 64) et des accélerateurs vidéo, la DRDRAM diffère totalement des précédents types de DRAM : alors que la largeur du bus mémoire des PC les plus récents atteint 64 bits et tend à croître, la DRDRAM évolue sur un bus étonnamment étroit de 16 bits de large, fonctionnant à très haute fréquence (jusqu'à 800 MHz, par un procédé de transfert des données utilisant les fronts montants et descendants du signal de synchronisation). Cette vélocité confère à la DRDRAM dite PC800 une bande passante de 1,6 Go/s (2 octets x 800 = 1600 Mo/s) contre à peine 800 Mo/s pour de la SDRAM PC100 par exemple.
La DRDRAM ne se présente pas sous la forme de barrettes DIMM, mais sous un nouveau format appelé RIMM (Rambus Inline Memory Module) assez semblable au format DIMM du seul point de vue morphologique :
La DDR-SDRAM (Double Data Rate SDRAM) :
La DDR-SDRAM est une évolution de la SDRAM, tout simplement capable de transférer deux fois plus de données par cycle d'horloge (Double Data Rate = double débit de données). La DDR-SDRAM réussit ce tour de force car elle utilise les deux fronts du signal de synchronisation de la carte mère pour véhiculer des informations, tandis que la SDRAM n'est capable d'en utiliser qu'un seul. Rappel sur la notion de front : à chaque cycle d'horloge, le signal généré par la carte mère transite de la valeur 0 (absence de signal) vers la valeur 1 (présence de signal), cette phase correspondant à ce que l'on appelle le front montant du signal ; celui-ci repasse ensuite de la valeur 1 à la valeur 0, ce qui correspond au front descendant. La technologie DDR était déjà employée auparavant pour augmenter le débit du bus AGP et a donné naissance aux modes 2X, 4X, 8X des cartes graphiques modernes.
La DDR-SDRAM n'étant pas conçue sur la base d'une technologie propriétaire, elle coûte moins cher à produire que la DRDRAM de Rambus par exemple (dont l'utilisation est assujettie au paiement de royalties), et s'impose plus facilement comme nouveau standard de mémoire vive pour les PC en remplacement de la SDRAM. Notons que contrairement à la SDRAM et à la DRDRAM qui utilisent des dénominations liées à leurs fréquences de fonctionnement (PC133 = 133 MHz pour la SDRAM, PC800 = 800 MHz pour la DRDRAM), la DDR-SDRAM est définie par sa bande passante exprimée en Mo/s : on parle ainsi de DDR-SDRAM PC2100 ou PC2700 pour désigner des mémoires capables de supporter respectivement des débits de 2,1 et 2,7 Go/s.
La DDR-SDRAM se présente sous forme de barrettes DIMM à 184 broches de contact (les barrettes de DDR-SDRAM se distinguent de celles de SDRAM car elles ne possèdent qu'un seul détrompeur, contre deux pour la SDRAM).