Ramses II a écrit :
Je saisis l'occasion pour parler des causes du chômage.
C'est un problème que je connais bien pour l'avoir étudié pendnt 30 ans.
Des profiteurs, il y en a bien sûr. Mais beaucoup moins qu'on ne le pense en général et de toute manière, avec le système français d'assurance chômage, ils n'ont pas le loisir d'en profiter trop longtemps.
Guti a tout à fait raison : le problème du chômage est très complexe. Mais le fait est qu'il n'y a pas assez d'emplois pour mettre au travail toute l'offre de main-d'oeuvre. Encore que dans certains secteurs de l'activité économique, on a des pénuries de main-d'oeuvre parce qu'il y a inadéquation entre l'offre et la demande.
Par ailleurs, je crois que personne n'ignore les plaies que représentent les délocalisations d'entreprises vers des pays où la main-d'oeuvre est moins chère que chez nous.
Je pense par exemple à l'industrie textile. En Belgique, elle est carrément moribonde parce qu'il est impossible de concurrencer la production de certains pays d'Asie, Chine en tête. Quant on sait qu'une ouvrière chinoise dans le secteur du textile gagne quelque chose comme 60 euros par mois, il n'y a pas besoin de faire un dessin.
Quand une grosse boîte ferme dans une région, la perte ne se limite pas aux emplois directs mais elle concernent encore un plus grand nombre d'emplois indirects. C'est ainsi qu'on voit apparaître ou se creuser des poches de paupérisme à l'intérieur de pays dans lesquels le niveau moyen de bien-être est pourtant convenable.
On pourrait combattre ces fléaux si nos gouvernements avec le courage de prendre les mesures nécessaires pour empêcher ou tout au moins limiter les dégâts liés à la concurrence franchement déloyalede pays pauvres dont les populations n'en recueillent même pas les fruits. Il faudrait notamment que les contrats commerciaux contiennent des clauses de respect des droits de l'Homme et de production dans des conditions socialement acceptables. Je pense ici notamment au travail des enfants. Hélas, le problème n'est pas simple non plus parce que les maigres salaires des enfants exploités est vital pour leurs familles.
Il faudrait aussi que les consommateurs de nos pays soient conscients qu'en acceptant d'acheter à bzas prix des articles de qualité médiocre, ils scient les branches sur lesquelles ils sont assis.
Dans la mesure où je connais l'origine d'un produit, je m'abstiens de l'acheter s'il provient d'un pays dont on sait qu'il est esclavagiste.
En outre, nous vivons dans des systèmes économiques de gaspillage monstrueux. On ne répare plus ou on le fait très rarement. On jette et on remplace. Or le secteur entretien-réparation est potentiellement générateur d'emplois.
Ce qui est aussi grave, c'est que ça entraîne un pillage éhonté des ressources de la planète, au détriment des pays pauvres qui n'ont pas accès à nombre de ressources - entre autres à cause du fait que les pays occidentaux imposent aux pays pudiquement qualifiés de "en voie de développement", des systèmes écoomiques qui ont pour effet d'emêcher l'accès au bien-être pour les populatiohs locales, avec un effet de boomerang sur les populations des pays qui sont encore riches. Les pauvres s'appauvrissent encore tandis que les très riches amassent encore plus de reichesses matérielles.
Sans parler du fait que c'est néfaste pour l'environnement.
Au total, l'absence de politique ou l'application de politiques à rebours de maintenant va coûter très cher aux générations futures.
J'imagine que certains ne manqueront mas de m'accuser de reprendre des vieux clichés mais je crois que j'ai assez bien résumé la triste réalité.
Quelque chose m'étonne très fort. Face à un cataclysme tel que celui qui a frappé l'Asie du Sud-Est, les gens ont spontanément manifesté leur solidarité et beaucoup se sohnt mobilisés pour aider les victimes.
Pourquoi n'arrive-t-on pas à mobiliser les opinions publiques de façon à changer réellement quelque chose dans le scénario catastrophe que je viens de dépeindre ?
Perso, je n'ai plus l'énergie physique nécessaire pour agir, mais je compte beaucoup sur les jeunes - en particulier ceux qui ont maintenant entre 14 et 18 ans. C'est à eux qu'il appartiendra d'oeuvre pour un monde plus équitable et ce faisant, ils travailleront aussi pour eux-mêmes et leur descendance.
Les pauvres des pays riches n'ont plus les moyens de se payer des produits au prix normal >> baisse de la consommation >> on fait donc fabriquer ces produits par des peuples encore plus pauvres qu'eux pour abaisser les coûts >> on prive de travail les pays riches, donc on fabrique encore plus de pauvreté, etc, etc.
Au passagen certains se sucrent. Mais ce système a des limites.