Kernel__Panic a écrit :
...
Ben j'ai passé 1h30 de plaisir. Certes le film n'est pas exempt de reproches mais j'ai passé un bon moment en le regardant et c'est ce que je demande en priorité à un film.
Je suis d'accord, c'est mielleux, c'est plein de bons sentiments mais c'est bien fait et je m'y suis laissé entrainer avec plaisir. Ce n'est que du cinéma.
arob a écrit :
…
qui a dit que ce film était à vocation sociale? Il ne s'agit aucunement d'un documentaire et il n'avait pas la prétention d'être le reflet d'une certaine réalité, laissons cela à Kassovitz ou à d'autres qui affichent clairement la couleur pour faire le genre de film dont vous parlez et qu'on va voir en connaissance de cause.
Je n'ai jamais dit que c'est un mauvais film. J'ai reçu le DVD à Noël, et grâce à mes filles (qui aiment le principe de la mise en boucle :pt1cable: ), j'ai dû le revoir au moins trois fois... et sans déplaisir. Mais mon propos ne portait pas sur les qualités du scénario, de la mise en scène, de l'interprétation (en plus, je suis amoureux de Marie Bunel depuis toujours...

, alors…), de la reconstitution, du décor… toutes choses auxquelles je ne trouve rien à redire.
Ce que je voulais exprimer c'est la difficulté qu'ont les scénaristes et les réalisateurs à sortir des sentiers battus dans ce genre de film qui représente un microcosme et qui ne peut pas vraiment renvoyer à la réalité. Ça ne veut pas dire que je voudrais que ce film ait une vocation sociale, mais il avait, malgré tout, effectivement (d’après son réalisateur
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) «la prétention d'être le reflet d'une certaine réalité », comme tu dis, Marraine .
J'ai vu "La cage aux rossignols" à la télé quand j'étais gamin, dont je ne me rappelle plus grand chose, hormis qu'il y avait « Les Petits Chanteurs à la croix de bois » et, si je me souviens bien (mais je confonds peut-être deux films) Mouloudji et Reggiani qui, à un moment, provoque un accident... de balançoire. J’en ai vu d'autres aussi du même type: « Graine de violence », avec Glenn Ford (le professeur Dadier) et Sidney Poitier, et puis « To sir with love », où Sidney Poitier joue le prof, cette fois, et la chanteuse Lulu la sale gosse (je ne parlerai pas de celui qu’interprète Michelle Pfeiffer, dans les 90’s, et qui oublie d’être intelligent

)…
Il y en a eu quelques-uns par décennie – ou par génération - et c’était de bons films sur le plan de l’étude des portraits psychologiques et des rapports de force entre profs et élèves. Mais au bout du compte, ils semblent dire que tout peut aller pour le mieux avec un peu de bonne volonté, de respect mutuel et de compréhension… en oubliant qu’il y a des réalités extérieures et que ce microcosme dans lequel ils nous plongent ne peut justement pas être isolé des conditions extérieures. Je mettrai « Le cercle des poètes disparus » à part, parce qu’il me semble relever surtout d’un autre type de critique.
Je n’accuse aucun auteur de quoi que ce soit, mais raccrocher l’histoire à la réalité n’est pas incontournable, même quand on veut faire une comédie ou une comédie dramatique ou sentimentale. D’autres l’ont fait, et ce n’était pas forcément moins plaisant. On a eu le film de Lauzier avec Depardieu : « le plus beau métier du monde », qui s’en est pas mal approché. Mais le parti pris « bouffon » a fait qu’il n’a pas pu s’empêcher non plus de tomber dans les grands sentiments
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.
arob a écrit :
Enfin, ce film n'utilise aucun des ingrédients connus pour "faire recette" : ni décor grandiose, ni effets spéciaux dont raffole le public du 21ème siècle, ni mise en scène à grand spectacle bien au contraire : on se croirait presque dans une pièce de théâtre.
Toutes raisons pour lesquelles le succès n'était vraiment pas gagné!
Les bons sentiments mielleux ne me semblent pas être les meilleurs garants d'un triomphe assuré, la violence, les monstres et autres mutants (très crédibles!), me semblant nettement plus porteurs pour cela!
Alors Mcgg, pourquoi accuser les auteurs de ce film d'avoir voulu faire du "commercial" avec d'aussi piètres atouts en poche ?
Et je pense que pas un instant les auteurs/acteurs/producteurs n'avaient pensé "représenter la France à New-York, devant des spectateurs triés sur le volet" et qu'ils n'avaient donc pas oeuvré pour cela en choisissant des héros "bon teint" plutôt que d'affreux jojos black/beurs rédhibitoires pour une oscarisation même pas imaginée en rêve.
Je ne suis pas certains que ce ne soit pas avec les films les plus mielleux qu’on fasse les meilleures recettes financières. Même si les films violents ont un certain succès, ils font moins d’entrées. Ce sont ces films là, les films « grand public ». Pareil pour les films « sans décor ». Contrairement aux Zuhèssas, les films sont fait en France pour tous les publics. Aux Zuhèssas, les adultes désertent les salles au profit de la télé. Mais peut-on s’étonner, justement, que le film soit allé à New-York ? Il correspond tellement bien à ce que cherchent les zuhèssiens, à la fois, dans un film français (les New-yorkais en particulier) : décors, intimisme, « french touch », et dans un film tout court : plein de stéréotypes et pas trop de soufre.
Je ne dis pas qu’il y a eu une intention de faire « du commercial » de la part des auteurs : je dis que, ayant pour vocation de toucher le grand public (et je suis d’accord avec toi pour dire qu’ils ne visaient pas forcément l’Oscar), avec le budget en conséquence, ils ne pouvaient pas faire un film « difficile ». D’autant plus que les producteurs ont toujours leur mot à dire, y compris les producteurs de la bande musicale. Là, il semble que les marchands de disques étaient un peu passés à côté : ils n’imaginaient pas, sans doute, l’engouement qu’il y aurait pour la voix de soprano du gamin à gueule d’ange

. Mais si la B.O. n’a pas la facture de celle d’un « Tous les matins du monde » (une grosse surprise commerciale aussi, et tant mieux !!!), ils se sont rattrapés et ont quand même réussi à vendre le truc. A un moment, la promo du film était presque entièrement dirigée sur la vente du (mauvais) CD.
arob a écrit :
Enfin, concernant la crédibilité, depuis quand demande-t-on au cinéma d'être crédible?

Ces films américains de SF où à grands effets spéciaux dont vous êtes à une grande majorité si friands (pas moi!
![[:berkk:1] [:berkk:1]](/data/globaldata/usmilies/berkk-1.gif)
) sont-ils d'avantage crédibles?
Si c'est une fable, ou un conte, cela ne me gêne pas. C'est un genre comme un autre et il ne démérite pas, bien au contraire. Si "les choristes" ou "le cercle des poêtes disparus" ont eu ce succès inespéré, c'est peut-être qu'un certain public se sent justement aussi proche sinon plus de ce genre de films, malgré leur crédibilité contestable, que d'"Orange mécanique"
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Je suis complètement d’accord avec toi à propos de ce qu’on demande à un film. Le mot « crédible » m’a échappé, et j’aurais dû dire « plausible ». Mon prof de scénario disait qu’un film n’a pas à être crédible, mais qu’il devait être vraisemblable et cohérent dans son objet. Bien que ce ne soit pas un film de SF (un genre qui, à quelques exceptions près, ne m’attire pas plus que ça, tu sais

), on n’a pas demandé ça à ce film, et ce n’est pas sur la crédibilité que portent mes critiques mais sur le fait que tout a l’air de se résoudre sur un coup de baguette magique.
Je ne critiquerai pas le fait absolument impossible que le prof « enlève » l’orphelin, à la fin. Ni qu’il y ait ni Mouloud ni Brahim comme personnage : les auteurs avaient parfaitement le droit de situer ce film à une période où les problèmes des écoles des banlieues n’existaient pas encore (ça aurait été assez courageux de le placer à notre époque, comme dans « Le plus beau métier du monde » mais incompatible avec la chorale)... Mais je trouve que dans la situation dessinée par le scénario même, la résolution des conflits n’est pas plausible. Elle ne vient pas des rapports entre les personnages, ce qui, là, aurait pu renvoyer à une réalité extérieure, mais de la réduction des personnages à des archétypes improbables.
Alors, si un certain public se sent si proche de ce genre de film, c’est bien parce qu’il donne l’illusion pendant un moment que les ennuis de chacun peuvent se résoudre comme ça, en dehors de la réalité. Je n’ai rien contre les films qui font rêver, mais il me semble aussi que l’art, en général, et le cinéma, en particulier, ne sont pas destinés forcément à considérer le public comme des éponges absorbantes. Je n’en ajoute pas plus pour l’instant, parce que ça va encore troubler ceux qui pensent que je fais toujours trop long.
arob a écrit :
Pourquoi vouloir tout ramener à la réalité politique ou sociale?
Les gens vont-il au cinéma pour se prendre la tête avec ce qu'ils cotoient au quotidien
t?
Oh!!! Marraine!!! :o
arob a écrit :
Je tends le dos maintenant en attendant la réaction qui ne saurait tarder de Mcgg
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Je fais si peur que ça?
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Custer died for your sins!