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Et la concurrence étrangére!
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Automobile : les défis de la mondialisation
par Paul BUREL
La roue de l'économie tourne de plus en plus vite, dans l'automobile aussi. Il y a seulement deux ans, les constructeurs français paradaient sur « leur » salon national. Les voici sur la défensive, pour ne pas dire à la peine. À cause de quelques ratés passagers dans la gamme des voitures proposées ? L'explication est rassurante, pas totalement convaincante. Comme ses homologues étrangers, l'industrie automobile tricolore est entraînée dans une mutation mondiale qui redistribue les cartes. Après avoir pratiqué la fuite en avant avec une politique de rabais suicidaire plutôt que préparé les produits attendus par les clients, les imprévoyants géants historiques américains, General Motors et Ford, ont un genou à terre. Adossés aux avantages d'un yen faible et d'un catalogue de voitures incomparablement fiables, les constructeurs japonais - Toyota, Honda - reprennent le pouvoir. Et ce n'est sans doute là qu'un avant-goût de changements radicaux dus à une mondialisation accélérée qui a déjà provoqué trois phénomènes majeurs.
- On en parlait, et c'est fait. Les nouveaux marchés émergents (Chine, Inde, Europe de l'Est) sont désormais une réalité. Mieux, ils sont le moteur de la croissance. Ils prennent le relais des vieux marchés matures et saturés que sont l'Europe et l'Amérique du Nord. Ils bouleversent la donne dans une économie où la règle d'or est de produire au plus près du client. Ils poussent à une forte relocalisation, l'appellation politiquement correcte de la délocalisation. PSA Peugeot-Citroën ouvre des usines en République tchèque et en Slovaquie et ferme à Rayton, au Royaume-Uni. Les usines suivent les marchés, c'est le sens de l'histoire et un redoutable défi pour les années à venir. Économique : l'automobile pèse 10 % de la richesse française produite. Social : des dizaines de milliers d'emplois sont en jeu.
- On le craignait et c'est avéré. La concurrence se renforce. Le nombre de constructeurs compétitifs et de modèles proposés n'a jamais été aussi important. Les marques françaises se font tailler des croupières à domicile où leur part de gâteau commence à passer sous la barre des 50 %, là où elle était à 60 % il y a encore deux ans. Et voici que les insatiables chinois pointent, eux aussi, leurs capots. On peut faire confiance aux champions du monde de la récupération des technologies occidentales pour dépasser rapidement le stade de constructeurs rudimentaires qu'ils sont encore aujourd'hui.
- On les avait enterrées avec la fin du siècle dernier et elles renaissent, les grandes alliances entre constructeurs. Face à la multiplication des coûteux enjeux du proche avenir - fin du pétrole, voiture propre, prix des matières premières, distorsion monétaire - l'union ferait à nouveau la force... Et Renault un leader inattendu dans un mariage à trois avec Nissan et General Motors.
Quoi qu'il en soit de cette hypothétique union, Il est probable que la mondialisation effective du marché automobile va favoriser des coopérations de toute nature. Les constructeurs tricolores n'y échapperont pas. Bridées par des coûts élevés sur l'amont industriel, pas assez mondiales sur l'aval commercial, handicapées par des gammes incomplètes (4 x 4) ou inadaptées (haut de gamme), les marques françaises vont devoir se prêter à de rudes remises en cause. Le temps semble bien fini où elles exportaient dans toute l'Europe à partir de leurs usines françaises. Le temps est à craindre où elles importeront massivement de leurs usines est-européennes pour le marché hexagonal. Déjà, la 107 Peugeot vendue en France est tchèque. La Logan de Renault est roumaine.
-->Message édité par JBARBE le 02/10/2006 19:01:46<--